Palenque, Yaxchillán et la frontière

Mais, quelle heure est-il donc ici ?

Le 27 juillet nous prenons la route depuis Flores au Guatemala avec un bus direct via Bethel pour tamponner le passeport et La Técnica, le village de frontière au bord de la rivière qui sépare les deux pays. Le voyage prend 5 heures dont 3 de mauvaise piste.

Nous regrettons vite le poulet frit avalé avant de passer la frontière du côté guatémaltèque. A peine arrivés de l’autre côté nous apprenons que le dernier bus pour Palenque vient de partir mais plus grave encore, le poste de frontière aussi est fermé !
Pourtant, il n’est que 15 heures et quelques à nos montres ! C’est sans compter sur une heure de décalage qui normalement ne devait pas être appliquée dans l’état de Chiapas où nous nous trouvons. Seulement, même si nous avançons vers l’est l’heure n’est pas en arrière mais en avant, il n’est pas 14 heures mais 16 heures.
Nous attendons un moment devant le bureau de douane qui devrait être ouvert jusqu’à 18 heures et les passants nous donnent différentes informations. Certains disent que le bureau ferme à 16 heures, d’autres que les douaniers sont actuellement entrain de déjeuner et ne vont pas tarder puisqu’ils vivent sur place. Tout semble bel et bien fermé et derrière la grille deux chiens montent la garde. Enfin un taxi nous informe que nous pouvons recevoir notre tampon de sortie à Palenque. Dans le guide il y a effectivement un bureau de migration à Palenque alors nous montons dans un touk-touk pour 13 kilomètres et à la route principale, la Carretera Fronteriza nous prenons l’un des mini bus qui passe encore jusqu’à 18 heures

Palenque – ou « choc culturel » en mexicain

Palenque nous apparaît deux heures et demi plus tard comme un pays occidental. La route jusqu’ici était parfaite, le mini bus est complètement neuf et le quartier touristique pourrait tout aussi bien être quelque part aux États-Unis ou en Europe où les excès sont de mise. En ce moment les mexicains sont en vacances et le centre ville est très animé. Pour nous il s’agit d’un vrai changement après ces dernières semaines passées au Guatemala, à l’exception des jeunes enfants qui ne tardent pas à venir essayer de nous vendre des trucs. Ici aussi alors ! Au milieu d’un tel luxe survit encore la misère.

« Me dicen el clandestino, por no llevar papel »

Le lendemain matin à la première heure nous allons au bureau de migration et très vite comprenons que nous n’obtiendrons rien ici. Difficile de s’imaginer quelles tâches sont réalisées dans ce grand bâtiment moderne mais en tout cas le tampon d’entrée dans le pays n’en fait pas partie. La personne qui devrait en savoir plus n’est pas là aujourd’hui mais cinq minutes plus tard elle est en fait déjà partie (il n’est pas 10 heures…). Je vois. Il faut donc que nous retournions à la frontière à trois heures de route d’ici, bienvenue dans la bureaucratie mexicaine.

Nous voulons quand même tout d’abord visiter les ruines de Palenque, la raison pour laquelle nous nous trouvons ici, tant pis si nous sommes des sans papiers!

Palenque, les ruines surpeuplées

Nous commençons par visiter le musée du site qui présente entre autres une grande collection de porte-encens en céramique qui ressemblent à des totems et mesurent tous au moins 50cm de haut. Ils étaient un temps à la mode car ainsi on pouvait les déplacer pour les cérémonies. Ah la mode, qu’est ce qu’elle nous fait faire! Chez eux la déformation du crane (des années avec le front contre une planche pour l’aplatir), le taillage des dents en pointe ainsi que l’implantation de pierres précieuses au milieu des dents étaient aussi symbole de beauté et de noblesse, mais aujourd’hui ce n’est pas beaucoup mieux!
Il y a aussi la réplique du sarcophage en pierre entièrement gravé du roi Pakal, représentant sa résurrection en tant que dieu du maïs, entouré de serpents, planètes, symboles, monstres mythiques et glyphes racontant son règne, découvert en 1952 dans le temple des inscriptions et qui s’y trouve toujours.
La sculpture de Palenque fait l’apologie de la guerre, la mort ne constituant que l’entrée sur le chemin et permettant une nouvelle vie. On aime beaucoup les sculptures et ornements en stuc dans ce musée.

Comme le musée se trouve à la sortie des ruines nous faisons la visite en sens inverse. Le désavantage c’est que c’est tout en montée, qu’il fait vraiment chaud et que comme nous sommes arrivés un peu tard nous croisons tous les gens très nombreux qui partent. Dans un jour normal il y a 1000 visiteurs et pendant les vacances il y a bien sur un pic, essentiellement des mexicains. Nous sommes loin d’avoir vu autant de monde à Tazumal, Copán ou Tikal ! Partout il y a des vendeurs au milieu des ruines, beaucoup de vendeurs et surtout beaucoup d’enfants mais les ruines encore sont impressionnantes et la visite vaut la peine.

Des centaines de structures en ruines sont éparpillées sur 16km² mais seule une petite partie compacte au centre a été excavée. Tout ici a été construit sans outils en métal ni chargement d’animal ou de roue par contre il y avait une source d’eau, pas comme à Tikal.
Il faut essayer de s’imaginer ces bâtiments majestueux en pierre grise tels qu’ils apparaissaient au pic de la puissance de Palenque : peints en rouge-sang et ornés de détails en stucs bleus et jaune élaborés. La zone a été occupée à partir de 100 avant J.-C. florissant seulement entre 630 et 740 après J.-C. C’est le roi Pakal qui lui a donné toute sa splendeur à partir de l’an 615, ayant vécu jusqu’à l’âge incroyable de 80 ans. Comme la plupart des sites Mayas Palenque a été abandonné mystérieusement vers l’an 900 et dans cette zone qui reçoit les plus importantes précipitations du Mexique il n’a pas fallu longtemps avant que tout soit recouvert par la jungle.

Yaxchillán – y a-t-il quelqu’un aujourd’hui?

Le 29 juillet nous nous levons de bonne heure pour tenter à nouveau notre chance à la frontière. A 6 heures nous sommes dans le colectivo et peu après 9 heures nous atteignons le poste de frontière à Frontera Corozal qui vient juste d’ouvrir. Nous ne saurons pas où étaient les deux douaniers sympathiques peu après 16 heures il y a deux jours, ils disent qu’on a du se tromper et que le bureau reste ouvert jusqu’à la nuit – Mmmouais – Nous recevons nos tampons tant désirés (une légère hésitation à propos de la date de sortie du Guatemala) et à 9h30 nos papiers sont régularisés au Mexique !

Nous profitons d’être de nouveau ici pour savoir si nous trouvons une barque pour nous mener aux ruines Mayas de Yaxchillán, le seul moyen pour y arriver est par le Rio Usumacinta.
Il y a deux jours c’était trop tard mais ce matin il y a du monde. Cela ne prend pas longtemps pour nous trouver pour 200 Pesos par personne (10€) dans une barque avec une famille mexicaine.

Une demi heure plus tard nous y sommes, une ville en ruine complètement isolée dans la jungle. Pour entrer sur la place principale du site il faut passer par le « labyrinthe » et éviter chauve-souris et grosses araignées. Une lampe torche est bien utile dans plusieurs endroits du site. Il y a une centaine de structures distribuées sur trois grands ensembles. Le pic de pouvoir et splendeur de Yaxchillán est situé entre l’an 681 et 800, juste après il a été abandonné. Grâce à la localisation sur la rivière et à des alliances et conquêtes couronnées de succès la ville était l’une des plus importantes de la région.
Beaucoup de bâtiments mystérieux couleur forêt, parfois enfoncés dans la jungle puis un immense escalier qui mène au palais sur lesquels les structures ornementales semblent encore dominer, nous sommes assez fascinés par cet endroit.

Vers 13 heures nous sommes de retour à Frontera Corozal où nous avons décidé de ne pas revenir à Palenque mais plutôt de suivre la longue route qui longe toute la frontière du pays jusqu’aux Lagos de Montebello. Cette route de 422 km en forme de « L » inversé, une stratégie militaire pour contrôler les rebelles zapatistes inaugurée dans les années 2000 est assez impressionnante, elle passe au milieu de villages humbles et longe exactement la frontière peu naturelle avec le Guatemala.
Six heures plus tard nous arrivons sous des torrents d’eau à Tziscao. Après dîner sur la route principale un touk-touk nous amène à Villa Tziscao où nous recevons un joli chalet pour pas cher au bord du lac.

Informations pratiques :
Il est très difficile de changer des Quetzals au Mexique, même à la frontière. Le taux est absolument ridicule (2 pour 1) et même à la ville de Palenque les banques ne changent que dollars et euros et les agences touristiques veulent du 1 pour 1 (une blague). Dépensez vos sous avant de passer la frontière !

  1 comment for “Palenque, Yaxchillán et la frontière

  1. Jette
    2. septembre 2016 at 21:06

    Ihr beiden Weltenbummler, Elodie und Tobi!
    Seid gegrüßt aus Mannheim! Wir haben Eure ungewöhnliche Reise während des letzten Jahres weitgehend mit verfolgt u. waren erstaunt und überrascht über Eure Berichte, die so detailliert und einfühlsam waren – ein großes Dankeschön für Euren Blog, u. dass Ihr uns alle daran habt teilnehmen lassen!
    Wir freuen uns darauf, wieder von Euch zu hören (u. vielleicht sogar zu treffen?), wenn Ihr zurück seid.
    Alles Gute für einen neuen Start nach dieser Reise!
    Jette und Jarda

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