Saquisilí, Tigua et le Quilotoa

Le 31 mars nous quittons Lasso et le volcan Cotopaxi pour nous approcher du cratère du Quilotoa.

Aujourd’hui c’est jeudi et jour de marché à Saquisilí, la petite ville qui accueille paraît-il un des grands marchés à voir de la région. Il n’est pas du tout orienté vers le tourisme, au lieu de cela c’est le rendez-vous des locaux et des indigènes pour vendre leur production de grains, de fruits, légumes, poules, viande, poisson frais et autres produits sur diverses places et dans les rues. Pour notre plus grande joie quelques stands proposent aussi des articles touristiques tels que des hamacs, bijoux, sacs tressés et peintures naïves et colorées de Tigua.
Saquisilí se situe en marge de la Panamericana entre Lasso et Latacunga ce qui se prête parfaitement à cette petite escale.

Lorsqu’après le déjeuner nous nous apprêtons à quitter la ville nous tombons par le plus grand des hasards sur notre guide Tomás du parc Cotopaxi. Il nous accompagne jusqu’au terminal de bus de Latacunga d’où nous lui disons à nouveau au revoir et montons dans un bus pour Tigua.

Tigua n’est guère plus qu’un hameau dans le páramo, les hauteurs andines « néotropicales » équatoriennes à 3500 mètres d’altitude. Ce qu’il y a à voir c’est le beau paysage et les galeries d’art qui exposent les peintures d’un style reconnu dans tout le pays, plein de couleurs vives et de détails naïfs. J’adore !
La route serpente sur 46 km depuis Latacunga de manière spectaculaire en altitude et reste tout de même très bien développée comme accès principal de la montagne à la côte. Une bien belle route!

Nous avons réservé deux chambres dans la pittoresque « posada de Tigua »  et nous régalons le soir même d’un dîner typique et raffiné qui commence par un délicieux canelazo (la boisson chaude à base de jus de fruits et de panela) et termine par les figues chaudes confites et servies avec du fromage jeune. La famille (Margarita et Marco) qui gère cette ferme auto-suffisante est aux petits soins. Pour 30€ par personnes (sans salle de bain) ou 40€ (avec) le petit déjeuner et le dîner copieux de produits 100% maison sont inclus et le prix plus haut que de coutume est clairement justifié.
Au repas nous faisons connaissance avec Grace et David, un jeune couple sympa de Grande Bretagne en voyage depuis 16 mois et qui a une mine d’informations à nous donner pour la suite du nôtre. La soirée passe vite avec eux!

Quilotoa est le nom d’un petit village du páramo et de l’énorme cratère au bord duquel la ville se situe. Dans le cratère se trouve un lac d’eau claire qui fait partie des plus beaux clichés du pays.
Depuis Tigua il y a une longue randonnée avec plein de kilomètres et de dénivelé que nous avons décidé de faire tous les deux avec Tobi.

Le lendemain après un petit déjeuner copieux nous partons à 7h30 sous un début de petite pluie.
Les 7 premiers kilomètres sont plats et nous mènent au cœur des jolis panoramas du páramo. Nous rencontrons des habitants humbles et sympathiques qui nous saluent depuis leurs mansardes et essaient de nous vendre les produits de leur artisanat (peintures, instruments, objets tressés en cabuya/fique, une fibre naturelle issue d’un agave et de texture similaire au rafia que l’on retrouve aussi en Colombie, pour les sacs de café entre autre, et au Venezuela).
Nous entrons ensuite dans un canyon abrupte et spectaculaire où il nous est rapidement difficile de trouver le sentier. Apparemment nous partons sur « l’ancien chemin », un sentier effacé, plus long et difficile d’accès
Nous finissons par nous retrouver au milieu de buissons, branchages, arbres tombés et franchir tous ces obstacles sans machette ni habits adaptés est un vrai casse-tête
Enfin nous arrivons à la rivière glacée que nous savons devoir franchir.
Après il ne faut plus que monter, monter et toujours monter les 900 mètres de dénivelé jusqu’au bord du cratère. Cela ne s’arrête jamais, il se met à pleuvoir plus fort et lorsqu’à bout de souffle (surtout moi bien sur) nous atteignons le but le brouillard est si épais qu’on ne peut quasiment plus rien distinguer des contours si fameux.

Nous nous sommes donné un point de rendez-vous avec Helmi et Moni et sommes heureux de leur décision de nous y rejoindre en taxi: au moins ils ont pu voir le cratère et se balader avant que le temps ne se gâte trop. Nous arrivons à Shalalá, la première  communauté et de là il pleut vraiment des cordes et il faut toujours monter. Sur mon visage dégoulinent goûtes de pluie, de sueur et larmes de frustration.
Mon cœur s’apaise lorsque Tobi remarque les messages encourageants que les parents nous ont laissé dans la terre sur le chemin. Cette agréable surprise me redonne un regain de courage.
Il faut encore une demi heure et nous nous rejoignons enfin, nous sommes trempés jusqu’aux os et frigorifiés.
Une soupe chaude, un jus de fruits et nous reprenons le bus de 15h pour Tigua où le soir à nouveau un délicieux repas nous attend ainsi que de nouveaux visiteurs français et allemands.

Le lendemain, le 2 avril, nous marchons avec nos sacs pour la route où nous voulons reprendre un bus pour rentrer à Quito, la civilisation (nous n’avions pas internet depuis Lasso).
Nous nous étonnons du peu de trafic sur la route en haut et le doute qui mûrit se confirme: elle est bloquée! Les policiers qui sont là pour l’occasion nous annoncent trois heures de blocage.
Aujourd’hui a lieu une course professionnelle de vélos de Latacunga à Quilotoa et il n’y a qu’une seule route. Bizarrement il n’y a eu aucun affichage, aucune prévention. Aujourd’hui à Zumbahua a lieu le marché qui comme on le sait permet aux paysans de vendre leur maigre production. Zumbahua entre Tigua et Quilotoa est sur cette seule et unique route aujourd’hui bloquée. Pathétique !

Nous patientons donc ainsi, je suis d’humeur à mordre quiconque m’approche. Finalement la voiture banalisée qui suit de près la dernière coureuse et que précède un véritable chaos automobile à double voie dans le sens Latacunga vers Quilotoa fait son approche à peine une heure après. Dès que l’occasion se présente nous sautons dans un taxi qui tant bien que mal tente de faire demi tour. Bien vite nous sommes de nouveau à la Panamericana et il ne faut même pas attendre pour qu’un gros bus vide direction Quito s’arrête.

  1 comment for “Saquisilí, Tigua et le Quilotoa

  1. James
    6. mai 2016 at 1:23

    Drôle d’instrument , jolies toiles, belle balade, cela ressemble au Vercors avec les bananes et les lamas en plus.

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